La fresque véritable (buon fresco) est un procédé complètement différent
des techniques de peinture généralement employées :
huile, gouache, acrylique etc...
qui offrent la possibilité d'effectuer des retouches à l'infini.
En revanche, comme l'aquarelle,
la fresque ne permet pas de "repentir"...
La fresque nécessite des préparatifs très minutieux
et une bonne connaissance des matériaux employés.
Elle se fait directement sur la surface à décorer.
Ainsi l'artiste doit monter sur des échafaudages
et adopter des positions souvent fatigantes et inconfortables.
Le peintre exécute en premier lieu une maquette en couleurs
parfaite miniature de l'oeuvre à venir.
Ensuite, il prépare des
poncifs (agrandissements sur calque) de cette maquette
ceux ci correspondent à la taille exacte des figures et décors à reproduire.
Le procédé de la fresque, en bref, consiste à :
poser une première couche de mortier faite de
chaux grasse & de sable grossier (arricciato).
Le fresquiste dépose ensuite une seconde couche de mortier faite de
chaux grasse & de sable fin (intonaco)
sur lequel il pourra reporter son esquisse à l'aide des
poncifs.
Ceux-ci sont percés de petits trous, à travers lesquels de la
terre d'ombre
est tamponnée, transférant ainsi sur l'enduit frais, les contours de l'oeuvre.
Le travail du peintre peut maintenant commencer...
Il agira rapidement, de manière à imbiber la surface de
pigments préparés dans l'eau.
Les raccords apparents sur les fresques sont dus aux
journées
de travail (giornate)
planifiées d'avance par le peintre puisqu'il lui faut travailler constamment
sur une
surface humide (a fresco), qui force
à une réalisation rapide
cette contrainte limitant de fait la surface mise en oeuvre chaque jour.
La fresque se situe donc dans le fondamental " Espace - Temps ".
Quand le travail de peinture est terminé, le peintre procède à une
trullisation,
destinée à faire remonter le
lait de chaux à la surface de la fresque et à la lisser.
Le processus de
carbonatation par oxydation peut maintenant commencer.
Cette réaction va donc assurer au mortier
un durcissement de plus en plus grand au cours du temps.
Le fresquiste fait ainsi naître une nouvelle matière minérale
qui n'est pas sans rappeler le processus naturel de la formation du marbre.
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