La Fresque

Etrusque ou Chinoise, Romane ou Maya,
la fresque nous a transmis bien des merveilles...
Elle est la parfaite machine à remonter le temps
et la garante de la pérennité de l'oeuvre inscrite dans son enduit frais.

Elle est matière, elle est " vivante " et peut " mourir " si on la sépare de son mur.
Son cycle de vie est intimement lié à celui du parement qui l'accueille.
Comme tout ce qui est " Vie " elle amène peines et joies et demande soins et patience.
A la fois simple et complexe, cette technique ne doit pas sombrer dans l' oubli...
malgré l' avalanche de supports d ' images dont nous disposons de nos jours.

Sable, Chaux, Pigments, Eau, Truelle, Pinceaux et une main passionnée...
Sept éléments qui confèrent à la fresque d' hier et d' aujourd'hui
sa présence intègre et durable.

M.L. Damon

Technique générale de la Fresque
La fresque véritable (buon fresco) est un procédé complètement différent
des techniques de peinture généralement employées :
huile, gouache, acrylique etc...
qui offrent la possibilité d'effectuer des retouches à l'infini.
En revanche, comme l'aquarelle, la fresque ne permet pas de "repentir"...

La fresque nécessite des préparatifs très minutieux
et une bonne connaissance des matériaux employés.
Elle se fait directement sur la surface à décorer.
Ainsi l'artiste doit monter sur des échafaudages
et adopter des positions souvent fatigantes et inconfortables.
Le peintre exécute en premier lieu une maquette en couleurs
parfaite miniature de l'oeuvre à venir.
Ensuite, il prépare des poncifs (agrandissements sur calque) de cette maquette
ceux ci correspondent à la taille exacte des figures et décors à reproduire.

Le procédé de la fresque, en bref, consiste à :
poser une première couche de mortier faite de
chaux grasse & de sable grossier (arricciato).
Le fresquiste dépose ensuite une seconde couche de mortier faite de
chaux grasse & de sable fin (intonaco)
sur lequel il pourra reporter son esquisse à l'aide des poncifs.
Ceux-ci sont percés de petits trous, à travers lesquels de la terre d'ombre
est tamponnée, transférant ainsi sur l'enduit frais, les contours de l'oeuvre.

Le travail du peintre peut maintenant commencer...

Il agira rapidement, de manière à imbiber la surface de pigments préparés dans l'eau.
Les raccords apparents sur les fresques sont dus aux journées de travail (giornate)
planifiées d'avance par le peintre puisqu'il lui faut travailler constamment
sur une surface humide (a fresco), qui force à une réalisation rapide
cette contrainte limitant de fait la surface mise en oeuvre chaque jour.
La fresque se situe donc dans le fondamental " Espace - Temps ".

Quand le travail de peinture est terminé, le peintre procède à une trullisation,
destinée à faire remonter le lait de chaux à la surface de la fresque et à la lisser.
Le processus de carbonatation par oxydation peut maintenant commencer.
Cette réaction va donc assurer au mortier
un durcissement de plus en plus grand au cours du temps.
Le fresquiste fait ainsi naître une nouvelle matière minérale
qui n'est pas sans rappeler le processus naturel de la formation du marbre.

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